Histoire de la ville de Kindu

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La formation de Kindu ne peut être dissociée des mouvements migratoires qui se sont produits dans la province du Maniema. La ville de Kindu est peuplée d’une population hétérogène ayant suivie les trois mouvements migratoires du XV siècle qu’a connu la province.

Les migrations venues de l’Est ont vue des populations d’origine bantoue occuper le Nord et le centre de la région. Il s’agit des Balega, Balengola, Bakumu-Babira et Wasongola orientaux qui se sont métissés avec les pygmées qu’elles y trouvèrent.

Les migrations venues de l’Ouest et du Nord ont concernées les Mongo (Bakela, Bamelo, Bakusu, Bahombo, Ankutshu, Basongo-Meno, Bakela, Bambelo, Bakutu, Nkunda, Ekonda, Baluba et Balubaïse).

Les migrations venues du Sud comprennent les Basonge, Wazura, Wagenia, Balungu, Mamba, Kasenga, Nonda, Bakwange, Wazimba, Babuyu, Bangubangu, Banyamikebwe, Bahemba, Wazura et Bahombo.

C’est vers 1860 que les commerçants Arabe-swahili s’installent d’abord à Nyangwe et créent plus tard d’autres sites de transit pour le commerce de l’ivoire et d’esclaves, apportant ainsi à la région, la culture Swahili: religion musulmane, mode d’habillement, architecture et pratiques agricoles et laissant un vestige important : le chemin de la caravane, qui jadis permettait aux Arabes d’acheminer de l’or et de l’ivoire en direction de Zanzibar et Udjidi à travers le Lac Tanganika.

De nos jours, les pratiques de l’Islam sont toujours respectées à Kindu et des vestiges de la présence arabe sont toujours visibles à travers les ruines d’anciennes constructions comme les mosquées faisant de Kindu, un poste avancé de l’Islam en pleine forêt équatoriale.

Ces grands mouvements migratoires ont permis à la ville de se développer à partir d’un petit village de pécheurs, de la tribu Wasongola, dénomé Kindo (expression qui signifie bruits de pas), du nom de la petite rivière qui le traverse.

Ce développement a été accentué pendant la période coloniale, lorsque le Baron Édouard EMPAIN, (Beloeil , 20.09.1852 – Woluwé , 22.07.1929), collabora avec le roi Léopold II au développement économique du Congo, notamment par la création de la Compagnie des chemins de fer des Grands Lacs africains et de ports. Ce partenariat a permis la création, à Kindu, d’un port et d’une gare, reliant Kindu, par voie ferrée au Katanga et par voie maritime à la Province orientale. Ces deux infrastructures ont permis le désenclavement de Kindu et cela a entraîné un afflux de population vers la zone. C’est ainsi que Kindu est désigné chef lieu du district du Maniema (district de la province du Grand Kivu avec Kindu comme chef lieu de district et Bukavu comme Chef lieu) et est communément appelé  » Kindu port Empain « .

Malheureusement ce statut de ville ne s’est pas fait accompagner d’un transfert de patrimoine ou d’un investissement public digne d’un chef lieu de province donnant à Kindu l’allure d’un « grand village ».

Situation, limites et accès

Kindu occupe une position de carrefour sur le territoire national, sur le continent Africain et sur les routes aériennes, car la ville est située au croisement des axes Nord-Ouest/Sud-Est et Sud-Ouest/Nord-Est.

Situé dans le territoire de Kailo à 497m d’altitude, le point le plus bas de la ville est la commune d’Alunguli (470m) et son point le plus haut est la commune de Tokolote.

Limité du Nord à l’Ouest et au Sud par la collectivité de Bangueguele et à l’Est par la collectivité de Wasongola, quatre voies d’accès mènent à Kindu et permettent d’y sortir.

En effet, le fleuve Congo, qui traverse le Maniema du Nord au Sud en passant par Kindu permet de se rendre dans la Province Orientale, Kisangani et Kibombo et dans le Katanga, Kogolo, Kabalo et Lubumbashi, grâce notamment à des barges qui accostent dans des installations portuaires, fonctionnelles jadis sur les deux rives du fleuve.

Aussi, la voie ferrée va vers Kalemie, Kamina et Kananga puis Likasi, Lubumbashi, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana, l’Afrique du Sud et Maputo. Mais de nos jours, l’arrivée du train est irrégulière à Kindu et l’événement reste prisé par les habitants qui délectent en attroupement.

Des routes non asphaltées, dont l’état laisse souvent à désirer, traversent la ville, permettant ainsi d’aller dans toutes les autres provinces du pays. La Nationale 1 va vers Kisangani, la Nationale 2 vers Kalima, Bukavu en passant par Shabunda et la Nationale 3 vers Moba, Mbuju-Mayï, Kamina, Kananga, Kinshasa etc. Il existe aussi une route menant à Kasongo, Kongolo et au Katanga.

Kindu dispose également d’un aéroport moderne avec une piste asphaltée et balisée de 2 200 m de long et de 45 m de large pouvant accueillir des avions à réaction « moyen courrier ».

Patrimoine

La ville de Kindu ne possède pas de site touristique mais le patrimoine ci-dessous fait la fierté de ses habitants :
• La colline OBETA (Office Belge de tourisme en Afrique) 497m de haut située dans la commune de Mikelenge
• La grande stèle, monument symbolisant la paix (en fait ancien monument du Mouvement Populaire de la Révolution, en sigle MPR) situé à la place de la tribune.
• La gare et le port sont des constructions de style belge gothique ;
• Le cercle SNCC est un bâtiment de style gothique;
• Les quatre îlots au milieu et le long du fleuve (visibles à partir de la colline Obeta) font rêver mais sont non exploités.
• Le petit séminaire, les chapelles (St Esprit et St Gaston) et les cathédrales (St Pierre et St Paul);
• Le beach central qui relie les deux rives de la ville est une curiosité pour les non habitants;
• La salle Champagnat, en mémoire de Marcelin Champagnat (fondateur de la congrégation religieuse Mariste) est un charme.
Habitants

La population de Kindu est plus de 400.000 habitants (d’après le recensement 2003 de l’hôtel de ville de Kindu) soit 54 178 femmes, 44 415 hommes, 58 827 garçons et 63 664 filles. Kusuka est le quartier le plus peuplé de la ville (57 583 habitants) avant Tokoloké (dans la commune de Mikelenge : 31 816 habitants) et Magobo (commune d’Alunguli: 24 535 hab.). La population de Kindu est hétérogène, cependant, sa rive gauche est considérée comme le fief des Bakusu et sa rive droite celui des Balega.

Il faut cependant relever que la population de Kindu a évolué en fonction des périodes d’affrontements militaires qu’a connu la région.

Titre administratif

Située au centre de la République Démocratique du Congo, la province du Maniema couvre une superficie de 132.250 km². Elle est limitée au nord par la Province Orientale, au sud par le Katanga, à l’est par le Nord Kivu et le Sud Kivu et à l’ouest par le Kasaï Oriental.

Elle est l’une des trois provinces issues du découpage territorial de l’ancien Kivu en 1988. A l’instar de deux provinces soeurs (Nord Kuvu et Sud Kuvu), le Maniema n’est pas subdivisé en districts. Il compte seulement 7 territoires (Kibombo, Kasongo, Pangi, Punia, Lubutu, Wamaza et Kaïlo) et la ville de Kindu.

Kindu est le chef lieu de la province du Maniema et une entité administrative décentralisée à statut de ville et subdivisé en trois communes: le centre ville (habité jadis par les colons), Mikelenge (la cité), situées sur la rive gauche du fleuve Congo, et Alunguli (essentiellement agricole) située sur la rive droite du fleuve. Les trois communes de Kindu, situées dans le territoire de Kailo, sont subdivisées en neuf quartiers.

Loadintivités socio-économiques
La rive droite de Kindu n’a jamais bénéficié des infrastructures collectives dont disposent la rive gauche. Mais d’une manière générale, à part la gare, le port et l’aéroport national, la ville ne dispose pas d’infrastructure collective pouvant contribuer efficacement à son développement économique.

Les populations de Kindu pratiquent l’agriculture périurbaine (produits maraîchers). La ville est approvisionnée par son hinterland en produit agricoles divers et par les autres provinces (venant de Kinshasa, Goma et Lubumbashi) en produits alimentaires. Kindu approvisionne à son tour les provinces en produits agricoles et son hinterland en article de traite et en produits fini. Cette redynamisation des activités économiques est due à la reprise des activités du train et de la navigation dans le port de la ville.

La ville est approvisionnée en eau courante et en électricité de la centrale de lutshurukuru mais avec beaucoup de difficultés. Ce qui explique pourquoi les petites industries telles que les rizières, huileries, décortiqueuses de café ainsi que les petites industries de transformation des produits de la pêche et de l’élevage fonctionnent de manière artisanale avec des groupes électrogènes, donc pas à leur pleine capacité. Cette situation n’encourage pas non plus l’implantation d’activités industrielles. La ville exporte cependant de l’huile de palme, du riz et de l’arachide, venant de son hinterland vers Kinshasa, Goma et Lubumbashi d’où elle importe des produits finis pour son hinterland.

C’est ainsi qu’après le couché du soleil, la ville est généralement plongée dans l’obscurité à l’exception de quelques organisations et particuliers fortunés possédant des groupes électrogènes et des panneaux solaires.

Par ailleurs, il n’y a pas de service de voirie, les routes de desserte sont dans un état très défectueux entraînant beaucoup de poussière en saison sèche avec son corollaire de maladies hydriques et respiratoires.

Le transport urbain est effectué à 90% par motos. Même si quelques ONG et organisations internationales utilisent des voitures, les habitants de Kindu se déplacent généralement à pied ou à vélo sur des routes en terre jaune. Le vélo n’est pas un moyen de transport en commun mais il peut être loué pour transporter ses bagages ou des marchandises.

En plus de tous ces problèmes, la ville souffre de l’inondation de ses deux rives, toutes les décades.

Kindu, de part sa population croissante, son extension urbaine et son développement, ressemble de plus en plus à une ville. Il existe une société privée fournissant l’accès Internet grâce à un groupe électrogène et une parabole pour la réception et la transmission de données.
Hôtels/Hébergement

La ville de Kindu dispose officiellement de 21 hôtels non classés, d’une capacité d’accueil de 210 chambres et 57 appartements mais leur état laisse à désirer car ils ne disposent ni d’électricité ni d’eau courante. Les seuls encore fonctionnels sont le « Relais » (le seul à une étoile mais sans électricité ni eau courante), « Lusa », « Luanda », « Guest house », « hôtel du Marché Mwachane » et l' »hôtel Moderne ».

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